Affichage des articles dont le libellé est Société Secrète. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Société Secrète. Afficher tous les articles

mardi 10 mars 2015

LES SKULL AND BONES



Les Skull and Bones (littéralement le Crâne et les Os) sont une société secrète de l’université Yale aux États-Unis

Ce groupe est aussi connu par les anglophones sous les noms « Chapter 322 » et « Brotherhood of Death » (« la fraternité de la mort »).

Ce serait la première société secrète qui ait vu le jour à Yale, sous l’impulsion de William Huntington Russell en décembre 1832. Elle constitue l’une des plus prestigieuses sociétés secrètes américaines, avec Scroll and KeyWolf’s HeadBook and Snake et Berzelius. Quelques sociétés d’honneur implantées dans d’autres universités se sont visiblement inspirées des Skull and Bones ou possèdent un prestige similaire, ses membres étant reconnus comme l’élite par les étudiants. Ce sont par exemple les Cap and Skull à l’université Rutgers, la société Bishop James Madison au College of William and Mary, ou les Iron Arrow Honor Society à l’université de Miami.

Il existe d’autres sociétés portant le nom Skull and Bones : à l’université d’État de Pennsylvanie ou encore à l’université Vanderbilt, mais ce ne sont que des clubs d’anciens élèves qui n’ont, à part le nom et le logo, rien à voir avec les Skull and Bones d’origine.

ORIGINE

William Huntington Russell étudie en Allemagne de 1831 à 1832. C’est alors une terre d’idées nouvelles. La méthode scientifique y est appliquée à toutes les études sur le comportement humain.

La Prusse se reproche la défaite de ses forces armées contre celles de Napoléon en 1806 alors que ses soldats sont considérés comme étant les meilleurs au monde. C’est ainsi qu’en 1817, les universités allemandes créent un nouveau type de système éducatif basé sur les principes, toujours appliqués à l’heure actuelle, établis par Jean-Jacques Rousseau et John Locke. Johann Gottlieb Fichte, dans son « adresse au peuple allemand », déclare que les enfants doivent désormais prendre les rênes de l’État. Sa chaire à l’université est reprise par Hegel qui y enseignera jusqu’à sa mort en 1831.

Mais l’Allemagne possède encore une autre spécialité, les sociétés secrètes étudiantes. William Huntington est ainsi initié et incorporé au chapitre de l’une d’entre elles. De retour à Yale, en 1832, il y crée avec Alphonso Taft la sociétéSkull and Bones. Ce terme Bones s’avère être le chapitre d’un corps au sein d’une université allemande. Ainsi W. H. Russel et 14 autres membres de terminale fondent l’ordre du Skull and bones.


HISTOIRE

Depuis 1832, à Yale, quinze juniors sont brutalisés chaque année par leurs aînés afin d’être initiés et intégrés au groupe l’année suivante. On dit que chaque initié reçoit 15 000 dollars et une montre de grand-père. Loin d’être une sorte de maison du plaisir dont l’activité se réduirait aux seules années de campus, le groupe conserve par la suite des relations suivies afin de favoriser la réussite de ses membres dans le monde post-universitaire. Le 29 septembre 1876, un groupe s’appelant « L’ordre du Dossier et de la Griffe » entre par effraction dans la maison des S&B et en décrit l’intérieur. En1943, un acte législatif spécial du Connecticut a exempté les associés de Russell Trust Association, qui gère entre autres les avoirs de la S&B, de remplir un rapport d’activité comme il l’est demandé à n’importe quelle autre société.

LOCAUX

Le 29 septembre 1876, un groupe s’appelant « L’Ordre du Dossier et de la Griffe » entre par effraction dans la maison des S&B et décrivent une loge 324, dont tous les murs sont décorés de velours noir et la loge 322, dont les murs sont recouverts de velours rouge avec un pentagramme sur le mur. Dans le hall se trouvent les images de fondateurs de l’ordre à Yale ainsi que des membres de la société en Allemagne. Sur le mur occidental se trouve une vieille gravure représentant un cercueil ouvert dans lequel, sur une galette en pierre, reposaient 4 crânes humains groupés autour d’un chapeau, d’un livre ouvert, des cloches, de plusieurs instruments mathématiques et d’une couronne royale. Sur le mur au-dessus du cercueil sont indiqués les mots « Wer war der Thor, wer weiser, wer Bettler oder, Kaiser? » (qui était l’imbécile, qui était le sage ? Le mendiant ou le roi ?) et « Ob arm, ob reich, im Tode gleich » (Pauvre ou riche, on est tous égaux dans la mort) envoyé par le chapitre allemand de la société.

MEMBRES CÉLÈBRES

  • Knight Wooley
  • Ellery James
  • Henry Neil Mallon
  • Frederick W. Smith (FedEx)
  • Austan Goolsbee (économistede Obama)
  • William F. Buckley (fondateur du National Review)
  • Dana Milbank (reporter Washington Post)

LA COMMISSION TRILATÉRALE

La Commission Trilatérale (parfois abrégée en La Trilatérale) est une organisation privée qui fut créée en 1973…


A L’INITIATIVE DES PRINCIPAUX DIRIGEANTS DU GROUPE BILDERBERG ET DU COUNCIL ON FOREIGN RELATIONS, PARMI LESQUELS DAVID ROCKEFELLER, HENRY KISSINGER ET ZBIGNIEW BRZEZINSKI.

REGROUPANT 300 À 400 PERSONNALITÉS PARMI LES PLUS DISTINGUÉES ET INFLUENTES – HOMMES D’AFFAIRES, HOMMES POLITIQUES, DÉCIDEURS, « INTELLECTUELS » – DE L’EUROPE OCCIDENTALE, DE L’AMÉRIQUE DU NORD ET DE L’ASIE PACIFIQUE (ÉTATS DONT LA PLUPART SONT ÉGALEMENT MEMBRES DE L’OCDE), SON BUT EST DE PROMOUVOIR ET CONSTRUIRE UNE COOPÉRATION POLITIQUE ET ÉCONOMIQUE ENTRE CES TROIS ZONES CLÉS DU MONDE, PÔLES DE LA TRIADE. À L’INSTAR DU GROUPE BILDERBERG, IL S’AGIT D’UN GROUPE PARTISAN DE LA DOCTRINE MONDIALISTE, AUQUEL CERTAINS ATTRIBUENT, AU MOINS EN PARTIE, L’ORCHESTRATION DE LA MONDIALISATION ÉCONOMIQUE.

FONDATION

L’idée de la création de cette organisation fut initialement émise en juin 1972 par David Rockefeller, lequel fut rapidement rejoint par Zbigniew Brzezinski. La Commission Trilatérale fut officiellement créée à Tokyo le 1er juillet 1973.

À cette époque, le leadership mondial des États-Unis commençait à être fragilisé dans le secteur industriel et commercial par les performances de l’Allemagne et du Japon, L’idée était de substituer à la direction américaine un partenariat trilatéral.

Dans sa brochure « Présentation de la Trilatérale par la Trilatérale » émise en 1977, la Commission se définit elle-même comme « une organisation orientée vers la prise de décision » entre les « démocraties industrielles », définies comme « une communauté ayant son identité propre et constituant un enjeu vital ». Le document précise que le système de l’après-guerre était dépassé (« une puissance était prédominante tandis que les autres lui étaient étroitement associées »), et qu’il était nécessaire de « promouvoir un ordre international plus équitable », en mettant en place un 

travail en commun entre les régions trilatérales, la Commission devant générer le contexte favorable à la concrétisation de cet effort.

Tout ne se passa pas comme prévu dans le camp américain du fait de l’émergence du courant néo-conservateur, en particulier à partir du mandat de Ronald Reagan, qui succéda à Jimmy Carter (ancien membre de la Trilatérale) et s’attacha à réaffirmer le leardership américain.

Sur l’histoire de la Commission Trilatérale, outre les différentes ressources citées, on peut consulter l’ouvrage paru à l’occasion de ses 25 ans (voir la bibliographie).

Publié par la Trilatérale, il comporte de nombreuses anecdotes et une collection de photographies assez étonnantes comme la Trilatérale reçue par Juan Carlos Ier d’EspagneJean-Paul IIMargaret ThatcherMikhaïl Gorbatchev en 1989, ou celle de François MitterrandYitzhak Shamir et Yasser Arafat en 1990.

Rockfeller-Trilateral

David Rockefeller

Trilateral-Brzezinski_1977

Zbigniew Brzezinski

MODUS OPERANDI

La Trilatérale publie des études (la revue The Triangle Papers) réalisées par des Task Forces (groupe de travail réunissant des personnalités de premier plan, généralement d’au moins trois zones régionales) et qui, une fois transmises à leurs membres et aux gouvernants, ont des répercussions internationales majeures en politique étrangère, qu’il s’agisse d’économie ou de géopolitique (communication, énergie, démographie, grands équilibres, etc.). Entre un rapport préliminaire (Draft Report, généralement non disponible auprès du public) et le rapport définitif publié dans la revue Triangle Papers, le rapport est discuté en réunion internationale annuelle. Le rapport peut alors être remanié avant publication.

Une revue est aussi publiée à l’issue de la réunion annuelle, il s’agit de la revue Trialogue. Les rapports sont disponibles sur le site officiel de la Commission Trilatérale (voir dans les liens externes, ou auprès des différents sites régionaux, à Paris par exemple).

Les sujets d’étude sont choisis par les présidents, les vice-présidents et les directeurs, sur les conseils du Comité Exécutif et d’autres. Les auteurs sont ensuite invités, parfois à l’initiative des membres de la Commission.

Les auteurs ne sont pas « hébergés » dans les bureaux de la Commission lors de la préparation de leur rapport. Ils restent dans leurs statuts professionnels existants et la Commission leur permet de rencontrer chaque autre rapporteur plusieurs fois au cours de l’élaboration de l’étude. Les rapports sont pour la Commission Trilatérale, et non de la Commission.

mardi 3 février 2015

Mystères sanglants de l'ordre du temple solaire

Le documentaire télévisé réalisé par Yves Boisset a levé un coin du voile sur la tragédie de l’OTS. De nouvelles preuves discréditent totalement la version du « suicide collectif » et suggèrent une manipulation délibérée de l’opinion publique.

[CITATION] « Je le vois davantage comme un meurtre collectif. Je rejette formellement la thèse du suicide collectif décidé par tous – cette idée est du pur cinéma. » – déclare Bernard Geiger, Commissaire de police, canton du Valais (Suisse), ayant participé à l’enquête sur la mort des membres du Temple Solaire

La tragédie du Temple Solaire fait à nouveau parler d’elle. Le cinéaste Yves Boisset a en effet réalisé un documentaire télévisé très troublant, Les mystères sanglants de l’OTS, qui a été diffusé fin janvier en Suisse, puis le 2 février sur France 2. A l’inverse de ce que l’on aurait pu attendre, l’enquête minutieuse d’Yves Boisset invite le téléspectateur à remettre en cause la version du suicide collectif. Le cinéaste n’affirme pas. Il n’a pas de thèse à défendre. Mais en reprenant les faits, en recueillant de nombreux témoignages, en interrogeant les policiers, les juges, les journalistes qui se sont occupés de cette affaire aussi bien en Europe qu’au Canada, il met en pièces la version officielle qui s’assimilerait plutôt à une tentative de manipulation de l’opinion publique.

Sans prétendre pouvoir dévoiler toutes les ramifications de l’histoire de l’OTS, Yves Boisset a su poser les questions dérangeantes. En présentant le déroulement des événements de façon claire, il a mis en évidence les lacunes et les failles des différentes enquêtes qui finissent par donner à ce drame l’allure d’une affaire d’Etat, bien éloignée du mythe officiel du « suicide collectif ». Et le téléspectateur s’interroge : pourquoi ce mythe ? A qui profite-t-il ?

REALITE ET FICTION

La chronologie de ces événements tragiques a été racontée maintes fois.
Le 30 septembre 1994, cinq cadavres carbonisés étaient retirés d’un chalet détruit par le feu à Morin Heights, dans la province canadienne du Québec. Les corps étaient criblés de coups de couteau. Ils étaient tous membres de l’Ordre du Temple Solaire (OTS), une société secrète fondée par le Français Joseph di Mambro, féru d’ésotérisme … et proche du tristement célèbre Service d’action Civique (SAC).
Cinq jours plus tard, près du village suisse de Cherey, une ferme à flanc de coteau était réduite en cendres. Dans les ruines, les sauveteurs découvraient les restes carbonisés de 23 personnes, qui avaient été droguées et exécutées d’une balle dans la tête. Cette même nuit, dans la région du Valais, à Salvan, trois maisons étaient consumées par les flammes. À l’intérieur, on retrouvera 25 corps : les victimes avaient été droguées, empoisonnées ou étranglées. Toutes les personnes tuées cette nuit-là étaient membres de l’OTS.
L’année suivante, les corps carbonisés de 16 membres de l’OTS sont découverts dans une clairière reculée du Vercors. Et finalement, en mars 1997, cinq autres membres de l’OTS seront découverts, morts, à Saint Casimir près de Montréal.
D’où le fil conducteur annoncé dans le documentaire : « On peut légitimement s’interroger : 74 morts, pour la plupart assassinés et pas de coupables. Comment la police et la justice françaises, réputées comme parmi les meilleures du monde, ont-elles pu en arriver là ? »
Après les premiers morts de 1994, les autorités canadiennes et suisses avaient rapidement mis fin à leurs enquêtes, puisque les dirigeants de l’OTS faisaient partie des victimes. Le Ministère français de la justice, quant à lui, a poursuivi une interminable instruction sur le drame du Vercors, pour aboutir finalement à la comparution de l’un des co-fondateurs de l’OTS, le chef d’orchestre Michel Tabachnik, devant le tribunal correctionnel de Grenoble pour « participation à une association de malfaiteurs ». Mais M. Tabachnik a été relaxé en 2001, au bénéfice du doute. Les parties civiles et le parquet ayant fait appel, le procès en appel, maintes fois reporté, devrait avoir lieu en octobre 2006.
Les médias de l’époque, eux, ne se sont guère interrogés, mais ont unanimement repris la thèse officielle en parlant de « suicide collectif », canalisant ainsi l’émotion légitime soulevée par la tragédie et imprégnant la mémoire collective d’images choc qui allaient durablement marquer les esprits.
« La majorité des gens pense qu’il s’agit d’une bande de cinglés qui se sont éliminés eux-mêmes », écrit Joseph Harriss du Reader’s Digest. « Mais la plupart ont été froidement et méthodiquement assassinés. Et personne n’a pu expliquer pourquoi ils étaient morts… [Ce] dossier est considéré comme l’une des affaires criminelles les plus mystérieuses de ces dernières années. »
« Cela fait penser à une élimination systématique », déclare le professeur Anson Shupe, sociologue spécialisé dans l’étude des mouvements religieux. « Je ne crois pas qu’on puisse qualifier cela de rituel ésotérique. Je pense que c’était tout simplement un règlement de comptes. »

DES PREUVES IGNOREES

Très rapidement, des éléments sont apparus, qui contredisaient le scénario présenté par les médias.
« J’aimerais qu’on m’explique », déclare le journaliste français Maurice Fusier, « pourquoi le juge d’instruction du canton de Fribourg a fait détruire par le feu, 48 heures après la découverte du sanctuaire de Cheiry, toutes les pièces à conviction, devant les caméras de télévision. »
Jacques Saint-Pierre, un ancien de la Sûreté du Québec, explique que ses policiers envoyés en Suisse pour enquêter ont été menacés d’expulsion par le juge, alors qu’ils se contentaient d’attirer l’attention sur des pièces à conviction qu’il aurait peut-être été important de récupérer !
Pour Henri Pechot, frère d’une des victimes : « Les autorités suisses souhaitaient accréditer l’idée d’un suicide collectif, c’était clair. On peut dire que l’enquête suisse a été bâclée. » Les pompiers, par exemple, en arrivant aux chalets en feu, ont constaté que portes et volets avaient été cloués de l’extérieur …
Deux journalistes français, qui se sont rendu sur les lieux de la tragédie suisse un an après, ont trouvé dans les décombres de Salvan des preuves négligées par les enquêteurs (fioles de médicaments, cassettes enregistrées dans une enveloppe). Des preuves, font-ils remarquer avec une certaine ironie, qui « auraient pu intéresser la justice et la police. »
Ces cassettes sont des enregistrements de conversations téléphoniques avec le chalet, enregistrements probablement effectués sur l’ordre de Di Mambro. L’une d’elles est particulièrement intéressante car on y entend certains membres de l’OTS parler d’essayer de récupérer l’argent investi. Albert Giacobino, propriétaire de la ferme de Cheiry, dit : « Il y a une assemblée pour entériner les comptes, qui représentent la dette que la ferme a envers moi…. Si ce n’est pas versé, j’arrête tout. »
Albert Giacobino est mort lui aussi, un peu à l’écart des autres, étouffé dans sa chambre.
« La mise sur écoute des téléphones du Temple Solaire révèle de sérieux doutes et un malaise croissant parmi les membres. Ils se posaient des questions sur les finances », rapporte Joseph Harriss.
Mais les questions les plus inquiétantes sont liées aux événements du Vercors.

ASSASSINATS COLLECTIFS

En mars 2004, les membres des familles des victimes de l’OTS, dont Jean Vuarnet et son fils Alain, ont porté de nouvelles preuves à la connaissance du juge d’instruction de Grenoble, demandant la réouverture de l’enquête sur les événements du Vercors.
Ils ont tout d’abord présenté la copie d’une lettre datée du 21 avril 1997, soit presque 1 an et demi après les assassinats du Vercors, envoyée par un cabinet juridique à une banque française, et donnant les détails d’un versement de 17 millions de francs répartis entre plusieurs partis politiques, ainsi que l’OTS et l’Ordre des Rosicruciens. D’après l’avocat de la famille Vuarnet, Maître Alain Leclerc, cette lettre prouverait que des personnes extérieures, liées aux massacres du Temple Solaire, tiraient les ficelles et transféraient encore des fonds.
Ils ont également fait état de faits troublants, ignorés ou négligés jusque-là, sur les morts du Vercors. Ainsi, les parents de l’une des victimes, voient dans le fait que leur fille avait la mâchoire cassée un élément irréfutable allant dans le sens de leur conviction. Pour eux, elle a été frappée alors qu’elle essayait de se protéger et de protéger son enfant, également retrouvé parmi les cadavres : « Je connais ma fille, » a déclaré sa mère au cours de l’émission, « elle ne voulait pas se suicider, pas du tout ! ».
Ou encore, comme le confirme le témoignage d’un expert privé en combustion, interviewé dans le documentaire d’Yves Boisset, un taux normalement élevé de phosphore a été retrouvé sur les corps.
« S’il y a du phosphore », dit-il, « c’est qu’un lance-flammes a été utilisé… Neuf corps sur 16 étaient tellement carbonisés que les os avaient fondu, ce qui indique une chaleur d’au moins 1600°C, alors qu’en forêt et en plein hiver, avec de l’essence et du bois, [un feu] ne va pas au-delà de 700°C. » L’expert conclut à l’utilisation probable d’un lance-flammes de type militaire.
Autre exemple, sur les lieux, les voitures abandonnées par les victimes avaient été nettoyées pour effacer toutes les empreintes digitales. Plusieurs véhicules étaient verrouillés mais deux clés n’ont pas été retrouvées, ni sur les corps, ni dans leurs effets, ni aux environs. Quelqu’un est donc parti, vivant, avec les clés.
« A partir du moment où des indices disparaissent, ce n’est pas la peine d’être Colombo pour le savoir, ça veut dire que quelqu’un les a fait disparaître. […], dit avec ironie Maître Gilbert Collard, avocat de la famille Pechot. « Malheureusement, ni vous ni moi ne pouvons faire le travail que les enquêteurs n’ont pas fait. »
Malgré le nombre et l’importance des nouveaux éléments apportés dans ce sinistre dossier, la justice a une fois encore rejeté la demande de réouverture de l’enquête.




BLANCHIMENT D’ARGENT ET TRAFIC D’ARMES

« Un juge d’instruction suisse a qualifié les mouvements d’argent [de l’OTS] de colossaux, écrit Joseph Harriss du Reader’s digest. D’innombrables sociétés et associations servaient de façade, aidant à masquer des mouvements de millions de dollars sur des dizaines de comptes bancaires dans plusieurs pays sur trois continents. Les affaires du Temple Solaire sont tellement complexes qu’un rapport d’enquête secret suisse appelé Helios, obtenu par le Reader’s Digest, conclut qu’il nous est impossible de dire combien d’argent a transité par l’Ordre.’ »
La police montée canadienne confirme qu’au moment des premiers meurtres à Morin Heights, au Québec, une enquête était en cours sur une affaire de blanchiment d’argent au niveau de la branche canadienne du Temple Solaire. Simultanément, Radio Canada faisait état de preuves montrant que le groupe servait de couverture à des opérations de blanchiment d’argent et de trafic d’armes. Les armes transitaient par un homme de paille, par exemple un général d’un pays du tiers-monde, et se retrouvaient ensuite sur le marché noir. Selon Radio Canada, les profits générés par ces juteux trafics se trouvent en Australie et « la brigade financière [suisse] a demandé à une banque de Sydney de geler deux comptes qui contiendraient jusqu’à 186 millions de dollars. »
Interviewé lors de l’émission d’Yves Boisset sur France 2, Alain Vuarnet interroge : « … l’OTS est une sorte de grande lessiveuse pour blanchir de l’argent. Alors blanchiment d’argent pour faire quoi ? Blanchir quoi ? »
Selon Maître Alain Leclerc, son avocat : « Dès l’instant où l’on a une organisation criminelle qui fait du trafic d’argent, notamment de l’opération de blanchiment, on constate que dans les trois massacres au Canada, en Suisse et en France, les dix comptables de l’Ordre du Temple Solaire ont disparu. »

SERVICES SECRETS

L’histoire du Temple Solaire est jalonnée de nombreux indices qui laissent supposer une implication significative des services de renseignements.
Deux policiers, Jean Lardanchet, inspecteur de la PJ, et Patrick Rostan, de la police de l’air et des frontières, se trouvaient parmi les victimes du massacre du Vercors. En étaient-ils vraiment membres, ou étaient-ils en service commandé, en mission d’infiltration au sein de l’OTS? Il est hallucinant que deux policiers, membres avoués de l’OTS, aient poursuivi normalement leur carrière après les premiers massacres. Il est surtout extraordinaire que dans la clairière du Vercors l’un des deux policiers, Lardanchet, ait lui-même achevé quatorze des seize victimes avec son arme de service, comme le prouvent les rapports balistiques, avant de se « suicider ». Autre fait troublant, d’après son propre témoignage, l’ami et chauffeur occasionnel de Jean Lardanchet le déposait souvent au Ministère de l’Intérieur, rue des Saussaies…
Par ailleurs, lors de leurs interviews, Michel Tabachnik et le journaliste Maurice Fusier ont évoqué des preuves de connexions entre l’un des fondateurs de l’OTS, Joseph Di Mambro, et Charles Pasqua, ancien Ministre de l’Intérieur, soutien actif des « réseaux Foccart » et l’un des créateurs du notoire Service d’Action Civique (SAC).
Enfin, ne serait-ce pas la marque la plus nette de l’implication des services secrets que d’avoir réussi à imposer comme évidente, tous médias à l’appui, une thèse fabriquée de toutes pièces et qui résiste si mal au premier examen des faits, celle de « suicides collectifs » ? Pour cela, il fallait transformer la tragédie du Temple Solaire en « un problème purement sectaire » C’est à cette conclusion qu’est parvenu Alain Vuarnet, et il n’est pas le seul : « S’il y a eu crime, meurtre, c’était très certainement, je dirais… pour orienter l’opinion publique, la justice, les médias, la police vers une issue purement sectaire, afin d’éviter que l’on s’intéresse à justement ces magouilles financières. »
Le psychiatre Jean-Marie Abgrall, nommé en tant qu’expert dans l’enquête sur l’OTS, a tenu des propos bien étranges dans une déclaration au journal Nice Matin le 15 février 2003 : « C’est une vérité qui nous dépasse, qui va jusqu’au secret d’état. Je m’exprimerai un jour. Comme le juge, on a tous des versions officielles. Il y a une chape de plomb. Il y a trop d’enjeux, d’intérêts en jeu. »

Club Bilderberg


le groupe Bilderberg, rassemblant environ 120 milliardaires, banquiers, hommes politiques, industriels, universitaires, haut fonctionnaires, personnalités d’influence dans le monde du travail et de l’éducation et journalistes, se réunit pendant un week-end dans un hôtel. ou un centre de villégiature quelque part en Amérique du Nord ou en Europe, afin de discuter en privé des affaires du monde.

L’hôtel Westfields Marriott de Chantilly, en Virginie (DR).
Cette année, la 56e conférence de Bilderberg s’est déroulée -le weekend dernier- à l’hotel Westfields Marriott de Chantilly en Virginie, à une quinzaine de kilomètres de l’aéroport international de Washington Dulles. Comme lors des éditions précédentes, les détracteurs de Bilderberg accusent la presse grand public de passer sous silence un club qui selon eux dirige un gouvernement secret.
Le lieu où seraient choisis les futurs présidents américains
Les critiques affirment que Bilderberg est le lieu où sont choisis les futurs présidents américains et Premiers ministres britanniques, ce que confirmerait la participation à la conférence de Bill Clinton en 1991 et celle de Tony Blair en 1993. En 2004, le magazine Time a révélé que John Kerry a choisi John Edwards pour être son colistier juste après que ce dernier avait fait une forte impression sur les participants de la session Bilderberg en Italie.
D’après l’ouvrage de 1980 intitulé « Trilateralism : The Trilateral Commission and Elite Planning for World Management » (Le Trilatéralisme : la commission trilatérale et l’organisation du management mondial par les puissants), le président Dwight D. Eisenhower souhaitait vivement que son personnel assiste à Bilderberg, le président John F. Kennedy a largement recruté les membres de son administration parmi d’ancien participants de Bilderberg, comme Dean Rusk, George W. Ball, George McGhee, Walter Rostow, Arthur Dean et Paul Nitze, et les membres de l’administration Carter prenaient largement part aux réunions annuelles du groupe.
Un critique a publié une liste établissant que le club Bilderberg 2008 comprend Henry Kissinger, Ben S. Bernanke, David Rockefeller, Vin Weber, Robert B. Zoelick, Donald Graham, Verdon Jordan, Charlie Rose et leurs homologues européens. Des manifestants ont surveillé cette élite à l’entrée de l’hôtel et enregistré des vidéos de « surveillance » à l’extérieur et à l’intérieur des parties du bâtiment faiblement gardées, avant que la conférence commence.
Jusqu’ici les détracteurs de Bilderberg ont raison : la presse grand public a ignoré Bilderberg en 2008. Selon la base de données Nexis, les sites Wonkette et Raw Story ont relaté l’événement et les objections des critiques. Avec une simple recherche Web, on tombe sur des articles de critiques de Bilderberg comme Alex Jones et Jim Tucker, qui sonnent l’alarme sur le problème.
Les critiques ont raison sur un autre point : la réunion de 120 importantes personnalités mondiales est une nouvelle à ne pas taire. Mais à la décharge de la presse grand public, il faut dire qu’il est difficile de rendre compte d’un rassemblement privé, placé sous haute surveillance.
Permettre aux participants d’exprimer librement et ouvertement leur opinion
Les organisateurs de Bilderberg ont donné le mot d’ordre aux participants de ne pas divulguer les débats du weekend, affirmant dans un communiqué de presse cette année que « le caractère privé des réunions n’a pas d’autre motif que celui de permettre aux participants d’exprimer librement et ouvertement leur opinion ». En 1927 la Chatham House, « think tank » britannique, a consacré une règle du même type, et des obligations de cet ordre s’appliquent lors de certaines réunions du Conseil de relations étrangères (« think tank » américain) et du Groupe de stratégie de l’Institut Aspen. Dans presque toutes les villes du monde, des groupes privés se réunissent pour discuter de manière confidentielle. C’est comme ça que le monde fonctionne. Il y a bien de temps à autre des fuites de la part des membres de Bilderberg, comme dans le cas de John Edwards en 2004, mais les chics et puissants gardent généralement le silence.
Quelles auraient été les conséquences si le Washington Post avait envoyé un reporter au très exclusif rassemblement de Chantilly ? Un journaliste d’Associated Press était parti couvrir la session Bilderberger de 1978 à Princeton dans le New Jersey, mais ce qu’il a raconté se résume à une scène où des « hommes en costumes gris et aux lunettes de soleil » le chassent du périmètre du centre de conférence Henry Chauncey. Extraits de la dépèche (Steve Hindy) :
« Kissinger s’est nonchalamment promené autour d’un petit étang artificiel samedi, jusqu’à s’approcher à quelques mètres de la route menant au bâtiment.
Il a tourné autour de l’étang deux fois, une première fois avec un homme grisonnant qui fumait la pipe et une seconde avec un homme plus jeune. Kissinger avait l’air grave et attentif pendant que les hommes parlaient de choses comme de “limitations de portées”.
Kissinger avait l’air agacé et a refusé de s’exprimer lorsqu’un reporter s’est approché de lui.
L’un des deux agents des services secrets protégeant l’ancien secrétaire d’Etat fit un signe de tête plein de sympathie au reporter et lui dit : ’Vous avez fait de votre mieux.’
Et pourtant la presse grand public ne peut guère être accusée de passer Bilderberg sous silence. Selon Nexis, le New York Times a mentionné Bilderberg une vingtaine de fois depuis 1981, dont un article de 2004 intitulé “une conférence secrète pour dominer le monde ‘. D’autres articles dans le Washington Post, le Chicago Tribune et le Boston Globe mentionnent le groupe.
Le mois dernier encore, dans le Washington Post, Anne-Marie Slaughter a fait référence aux membres de Bilderberg dans sa critique d’un nouvel ouvrage : Superclass : The Global Power Elite and the World They Are Making’ (la Superclasse, l’élite de la puissance mondiale et le monde qu’elle est en train de construire). [en France, Michael Gama a consacré un livre, ‘Rencontres au sommet’ (ed. Altiplano), à ces réunions des riches et des puissants, dont Bilderberg].
Article traduit par Marie Peterson